Le Mag - Ethiopie

Sur la Trace des Eglises Enterrées

 Sur la trace des merveilles culturelles du territoire Ethiopien le site de Lalibela constitue l’un des mystères parmi un héritage patrimonial singulier. Situées au cœur d’une région montagneuse où sommeille un petit village typique dont l’architecture circulaire est caractéristique du pays, onze églises d’une unique beauté percent les flancs montagneux avec grâce et suprématie. Après l’apogée de la fameuse cité sacrée d’Axoum, Lalibela fut une cité prospère constituant aujourd’hui haut lieu du christianisme éthiopien à l’origine de pèlerinages et de dévotions religieuses. Edifiée à partir du le XIIème siècle, cette ville sainte s’affirme largement comme étant la « nouvelle Jérusalem », un titre bien culoté que le clergé local loue depuis des siècles... 
Au départ, l’Empereur Lalibela imagina ces infrastructures monolithes afin d’éviter aux pèlerins de se rendre en Terre Sainte, voyage que l’on craignait pour les risques nombreux qu’il engendrait : guerres, famines et maladies furent ainsi habilement détournées.

Au jour d’aujourd’hui, les églises sont toujours utilisées par les chrétiens locaux qui comme les occidentaux vouent un culte au Christ et ses apôtres ainsi qu’à la Vierge Marie, personnages loués dans les saintes Ecritures.  Contrairement aux noms que nous leur attribuons, les « églises enterrées » ne sont pas littéralement dissimulées sous une épaisse couche d’humus ou accessibles grâce à un long cheminement souterrain comme nous noud prêtons à le croire mais bien onze belles structures creusées mystérieusement dans la roche.

Le lieu est animé d’une atmosphère religieuse vivace et agréable, très facilement accessible pour tous types de voyageurs, solitaires ou familiaux. Les blocs desquels naquirent ces églises médiévales furent tour à tour ciselées, cassées, brisées, polies et affinées de manière à former un semble de portes, de colonnes, de frontons et de fenêtres d’une incroyable précision mathématique. Le système fut achevé grâce à un vaste système de fossés de drainage et des vaisseaux souterrains permettant le passage des cérémonies ainsi qu’aux pèlerins de déambuler secrètement dans des tranchées étroites sans être vus de l’extérieur.
Les onze lieux de culte se distinguent par leur construction artistique unique observable aussi bien dans leur taille que dans leur décoration ou même via leur forme : chaque structure de cette cité médiévale joue un rôle important dans l’histoire de l’art rupestre médiéval et post médiéval.  Elles sont le témoin d’une civilisation historique majeure.

Deux réels groupes d'églises composent le complexe, lequel est relié par un système de labyrinthes. Au nord de la rivière Jourdain chaque structure est attribuée à un personnage ou symbole de la Bible.
Biete Medhani Alem
est l’allégorie de la Maison du Sauveur du Monde, Biete Maskal incarne la Maison de la Croix, Biete Mariam, celle de Marie, Biete Denagel n’est d’autre que la Maison des Vierges tandis que Biete Golgotha ​​Mikael est la Maison du Golgotha ​​Mikael. Le Sud de la rivière du Jourdain  est jonché de semblables structures tout aussi uniques : La Maison d’Emmanuel (Biete Amanuel),  La maison du Siant Mercoreos (Biete Qeddus Mercoreus), la Maison de Gabriel Raphaël (Biete Gabriel Raphaël), celle de l'abbé Libanos (Biete Abba Libanos) et de Saint-pain (Biete Lehem) sont établies dans un lieu confiné. A l’écart, reliée grâce au système des tranchées,  la onzième église, Biete Ghiorgis dédiée à Saint George n’en demeure pas moins incontournable !
Les églises furent toutes créées sous le règne de Saint Gebre Mesqel Lalibela qui gouverna l'Ethiopie à la fin du XIIème siècle et début du XIIIème siècle. Anciennement connue sous l’appellation de Roha, la cité fut établie par le saint Lalibela qui les commanda suite à la prise de Jérusalem par les musulmans.

Néanmoins, leur construction reste un mystère inviolé. Aujourd’hui de nombreux litiges sur les véritables ambitions du souverain opposent les hypothèses diverses et variées des historiens.
Certains prétendant que Lalibela la nomma ainsi en hommage à l’essaim d’abeille qui l’enveloppa lors de sa naissance. Sa mère, ayant pris ce signe comme un présage de son avenir prestigieux, ne s’était pas trompée sur sa future fonction d’Empereur d’Ethiopie. Plusieurs légendes animent ce site dont la construction mystérieuse reste encore à découvrir.

Certains affirment que le l’empereur, étant tombé dans un coma pendant près de trois jours à cause de son vil frère qui l’avait empoisonné, fut ébloui d’une vision prémonitoire dans laquelle il se vit dessiner les églises aux peintures rupestres.  
Selon d’autres rumeurs, son exil à Jérusalem l’anima d’une une nouvelle ambition qui le poussa à tenir la promesse tenue lors de ses pérégrinations : celle de construire une nouvelle Jérusalem, une légende qui n’est pas sans nous rappeler le mythique parcours d’Enée. L’épisode fondateur chanté par Virgile dans l’Eneide raconte en effet les tribulations du fils de Vénus en quête d’une terre pour fonder la nouvelle Troie…
Par ailleurs, selon d’autres légendes locales, le roi Lalibela reçut un ordre divin. Dieu voulut qu’il établisse onze églises monolithiques sur les terres d’Ethiopie. Pour faciliter la tâche du roi, celui-ci lui fournit préalablement les instructions détaillées quant à leur construction afin qu’il puisse les achever en temps limité.
Après l’abdication de son frère Harbay, le temps était venu pour Lalibela de terminer cette commande divine, ce pourquoi il exécuta enfin les désirs du tout puissant doué d’une incroyable ferveur. Effectués à une vitesse légendaire, on dit que ces travaux d’une exceptionnelle finesse, autant dans leur architecture que dans leur originalité, furent en partie construites par les mains des anges. On dit aussi que le chantier fut achevé en temps record, ce qui n’était guère surprenant dans la mesure où les anges bibliques permirent de fournir une aide considérable aux travailleurs durant les nuits illuminées de constellations : les anges avaient fourni le double de la quantité de travail que les hommes étaient capables de délivrer pendant les heures qui suivirent l’aube jusqu’au coucher du soleil.


Quoiqu’il en soit, ces quelques vestiges d’un héritage patrimonial riche furent une réponse à la capture de l'ancienne Jérusalem par les musulmans en 1187. C’est une des raisons pour laquelle l’ensemble des noms de la ville rurale évoquent des lieux figurant dans la Bible :  la rivière du Jourdain qui desserre la région fut appelée en cet honneur par les Ethiopiens. Par ailleurs, de part et d’autres des rives de cette rivière, les infrastructures religieuses représentent la Jérusalem terrestre où vivent les hommes crées par Dieu, tandis que la rive opposée incarne la Jérusalem céleste, un monde abstrait évoqué dans la Bible dont les caractéristiques sont la richesse, l’or, la tranquillité et la perfection universelle.

Aujourd’hui ces églises témoignent encore de l’ambition du saint Lalibela qui entreprit ce chantier exceptionnel avec l’ambition d’en faire une nouvelle terre sainte. Lalibela, foyer d’effervescence religieuse, fonctionne comme substitut des lieux saints de Jérusalem et de Bethléem jouissant ainsi d’une influence considérable au sein du pays mais aussi à l’échelle planétaire.  Mise conjointement sous protection de l’Etat et de l’Eglise, la gestion du site actuelle permet, en effet, à de nombreux fidèles de célébrer l’ensemble des grandes fêtes du calendrier chrétien éthiopien dans une perspective de pèlerinage religieux.
L’église de Biet Golgotha est notamment dotée de plusieurs répliques du tombeau du Christ, du légendaire  Adam, le père de la race humaine dans la Bible (couplé à la divine Eve) ainsi que des répliques de la crèche de la Nativité.
On dit souvent que le plus merveilleux des édifices enterrés est sans contesté la Maison dédiée à Saint George, du moins le plus visité. Il est aussi considéré comme l’église la plus récente, elle-même édifiée sous l’ordre de Saint George qui envoya une troupe d’ange la terminer. Sa taille de 30 mètres impressionne souvent ses visiteurs tandis que son plan cruciforme témoigne de l’extravagance architecturale semblable aux églises du monde occidental. Distinguée également pour sa relative isolation, elle est accessible aux autres églises par de nombreux tunnels creusés dans la roche volcanique rouge. La couleur rosée de ses façades ornées de lichens sauvages la dotent d’une parure idéale pour les photographies, quel que soit la luminosité…

Biete Mercoreos et Biete Gabriel Rafael étaient utilisées comme résidences royales. On dit aussi que Biete Mercoreos eut la fonction de prison. Au contraire, Biete Mariam, la maison de Marie est probablement la plus ancienne des églises. Elle est attrayante pour les bijoux qu’elle abrite : la réplique de la tombe du Christ et d’Adam. Enfin, Biete Medhane Alem  constitue la plus fastueuse église monolithique du monde, riche de ses cinq nefs.

 Lalibela a longtemps prospéré depuis  le déclin de l'empire d'Axoum, aujourd’hui ses vestiges remarquables occupent un milieu naturel préservé. Les pèlerinages et les différentes prières pratiqués au XXIème siècle témoignent de l’essence qui anime le lieu d’une âme nouvelle. Lalibela se révèle capable de concilier, à la fois, les barrières d’un passé ancestrale, mythique, avec l’esprit de modernité. Et bien que ces joyaux de l’héritage historique Ethiopien tiennent toujours debout depuis des décennies, plusieurs plans de gestion et de sensibilisation sont menés afin d’en préserver les structures fragiles. Cela est accompli grâce à l’aide de la population locale ainsi qu’aux mesures de l’état et du développement touristique. Mais tout cela ne serait pas possible si les voyageurs venus de toute part ne leur accordaient pas le moindre regard….





Proposé par : LVA

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