Depuis les terres basses de Namibe, la route finit par s’élever vers l’intérieur du pays en direction de Lubango. C’est là que surgit l’un des passages les plus saisissants du sud angolais : la Serra da Leba. Cette route spectaculaire construite en lacets serrés sur les flancs de l’escarpement relie la province de Namibe aux hauts plateaux de Huíla. Elle marque une véritable rupture dans le voyage.
À mesure que l’on grimpe, le désert paraît reculer. Les terres arides demeurent visibles en contrebas mais l’air devient plus frais et les reliefs plus abrupts. Les virages s’enchaînent au-dessus des vallées et dessinent sur la montagne une ligne sinueuse que l’on aperçoit depuis les belvédères. La Serra da Leba n’est pas seulement une route célèbre pour sa beauté ; c’est aussi un passage géographique majeur entre le littoral sec et l’Angola d’altitude.
Tundavala, le vertige des hauts plateaux angolais
À quelques kilomètres de Lubango, la Fenda da Tundavala impose un tout autre rapport au paysage. Le plateau s’interrompt net dans une entaille monumentale ouverte sur l’ouest angolais. Le site appartient à l’escarpement de la Serra da Leba, à la limite du plateau de Humpata, et donne l’impression d’un pays brusquement fendu par le temps.
Depuis le rebord à plus de 2 200 mètres d’altitude, le regard bascule vers les terres basses de Namibe 1 000 mètres plus bas. Derrière soi, les hauts plateaux de Huíla, plus frais, plus habités, plus verdoyants par endroits ; devant, un monde de plaines, de failles et de roches sombres.
Tundavala fascine moins par l’abondance que par la puissance de sa ligne. Ses parois abruptes et ses perspectives immenses nous rappellent les soulèvements, l'érosion et les fractures qui ont façonné le sud-ouest de l’Angola. C’est un lieu à contempler lentement, sans chercher à le réduire à un point de vue comme un autre.