Expériences de Voyages en Sultanat d'Oman

Catherine, sa fille et son petit fils - Du 25/12/2010 au 01/01/2011


Voyage sur mesure - Circuit Classique
Voyage à Oman de Catherine, Adeline et Thomas
©Catherine, Adeline et Thomas - Tous Droits réservés
Participants :
* moi-même, 63 ans, baroudeuse  vivant à 180 à l’heure…tant au boulot qu’en vacances.
* Adeline ma fille, 32 ans, plus casanière et aimant prendre son temps (surtout en   vacances)
* Thomas, 8 ans mon petit fils à qui j’ai envie de transmettre ma soif de vivre, la tolérance, la différence, le respect, par la découverte d’ailleurs et des autres.

J’ai donc préféré un voyage, aux sempiternels  cadeaux près du sapin.
Choisir une destination qui sans être au bout du monde ni ‘’surfaite’’, offre un dépaysement,  avec un contact le plus humain et naturel possible.  Aller à la rencontre de la population, avec  respect et  tolérance.
Faire plaisir à ceux que j’aime. Trouver un peu de soleil pour raccourcir l’hiver.  Oublier l’école, le travail et les contraintes  qui tuent la spontanéité.
La routine fait vieillir….et à force de vieillir, on finit par mourir.
Malgré le prix que j’ai trouvé exorbitant (j’y reviendrais plus loin), le programme suggéré par l’agence sur place tenait compte de mes souhaits. En effet, j’avais  pris le temps de me documenter sur  ce qu’il me semblait possible de voir et de faire en une semaine sur place.

Après échanges de mails, j’ai reçu un programme que j’aurais dû analyser plus en détail !!!
Dans un pays musulman, on ne visite pas une mosquée le vendredi …..Monia (agence Golden Oryx) devait savoir cela. Mais fait-elle son travail avec amour  ou par nécessité ??
En fait Elle n’a fait qu’un ‘’copier/coller ‘’des différents types de circuits proposés par l’agence, et en regard de ma demande.
Le 30 décembre étant un jeudi….elle note : lever matinal pour assister à l’étonnant marché au bétail du vendredi !!!!! donc, pas de marché aux chameaux. Et jeudi n’est pas vendredi…qu’on se le dise !
Et alors, le 31 décembre, étant un vendredi, le programme décrivait : visite de la grande mosquée, puis palais du sultanat et musée national…..tout fermé….nous sommes vendredi !
De même, la personne en charge de proposer un programme devrait savoir quels sont les sites en rénovation et donc fermés à la visite.
J’ai dû insister et me fâcher pour modifier un bout du programme. Car nous voulions passer une soirée à Nizwa, voir les souks, discuter, voir du monde, sentir le pays. Depuis le début nous nous sentions isolés de la population, et après deux nuits dans le désert  (Wahiba, et  jabel shams camp), nous avions besoin de chaleur et de mouvements en ville.
Il faut dire que  si la magie du désert de sable est indéniable, le lever du soleil envoûtant, le 4/4 dépaysant et efficace dans les dunes  (ça a nettement marqué des points dans la mémoire de ma fille et de Thomas), le logement très sympa avec sa douche et toilettes à ciel ouvert pour contempler la voute céleste et les constellations si près de nous.

La nuit suivante est à effacer de nos mémoires ;  à 3000m d’altitude je concède la difficulté de dégoter un endroit digne, mais là, ce fût simplement horrible (odeurs d’huile de cuisine ayant largement  dépassée  la date et toutes les possibilités d’utilisations, repas froid, cramés, secs de plusieurs jours…dans un baraquement sale, dont les nappes plastiques collantes de je ne sais quel gras…collé depuis des lustres. Le ‘’lodge’’ froid, draps douteux,  douche frigorifiante parce que le chauffe-eau était éteint ( !),  et malheureusement pour eux, une température de moins 4 degrés qui n’a pas favorisé notre indulgence. Ils nous ont fait un feu de camp devant la bicoque  (heu pardon, le lodge) avec force pétrole à gogo. Nouvelle découverte d’odeurs écoeurantes et  repoussantes.  On  s’est couché à  19h, et tous trois dans le lit avec toutes les couvertures disponibles, sauf une qui a servi à calfeutrer le jour du bas de la porte !.
Il serait préférable de visiter  ce site magnifique sur le jebel Shams (montagne soleil) avec des canyons superbes, durant la journée et redescendre à Nizwa en fin d’après-midi.
Surtout, n’acceptez jamais de dormir à Jabel Shamps Camp.

Alors, lorsque le lendemain  nous devions à nouveau être isolés dans un autre désert….Non ! par moi-même je voulais trouver un logement en ville si Monia (contacté par téléphone), ni mettait pas davantage de bonne volonté.  Ça a fini par aller et ce fût très sympa de dormir dans une guest house  de ce vieux village de Birkat al Mawz construit en escaliers, à flanc de colline. De plus nous avons pu prendre du temps dans les souks de Nizwa

Le marché aux chèvres du jeudi matin ( !) nous a fait passer un excellent moment, car  très traditionnel et les négociations allaient bon train ! chaque vendeur peut faire dix tours, sa chèvre à la main et laisser les éventuels acquéreurs  tâter, discuter  pinailler, repousser, acheter ! presque, serions-nous repartis en Suisse avec un hôte en plus …thomas avait repéré un compagnon à quatre pattes petit et peu encombrant disait-il !!

Ah ! les wadis : en cette fin d’année les Omanais prennent congés et partent en famille pour la journée ou quelques jours. Avec  tout pour cuisiner, manger, dormir. Jolie pagaille bien sympathique et déroutante. On papote, on se baigne, on plonge de très haut dans des éclats de voix et des applaudissements qui fusent de partout. Nous choisissons un endroit plus discret pour nager en respectant  leurs habitudes.  Merveilleux moments  donc pour le wadi banni Khalid.  Et un resto plein air tout en harmonie, et bon. (Serveurs taquins et rigolos).

Oh, ah ! les sources d’eau chaudes …Whaouuuuuuuuuuu.  Juste après le village de nakhal, une belle palmeraie sortie de nulle part avec les montagnes en toile de fond. On n’avait pas prévu, tant pis ! slip pour Thomas et direct en short ou petite culotte da           ns ce bassin d’eau chaude. Quel pied ! eau à 28° et rivière ou patauge les gamins. On n’oublieras pas. Ni le beau fort omanais dont les fondements remontent à 1200 environ.  Il épouse le rocher sur lequel il est édifié.

Ah ! Les tortues géantes  à l’aube, après une attente qui semble interminable quand vous vous êtes levés à 3h30 du mat et que ces dames tortues tardent à choisir leur chemin…pour pondre. Mais quelle récompense ;  il fait nuit encore, on part en groupe , on marche en silence dans la direction indiquée par les guetteurs, on aperçoit des formes loin, puis au fur et à mesure que le jour se lève, les tortues vertes géantes ont pondu leurs œufs dans le sable, loin de nous, et  nous pouvons alors les approcher lorsqu’elles regagnent la mer. Simplement  magique.

Oh ! Les restaurants traditionnels et la cuisson ancestrale de l’agneau, dans la terre après une marinade de 24h, dont les secrets  mélanges d’épices sont jalousement gardés….c’est divinement bon. Avec l’atmosphère en plus ; des espaces famille isolés des autres, nattes au sol et nombreux coussins confortables.  Assis à même le sol,  plats au milieu, avec les doigts ou les couverts,  ne perdez pas un seul  instant de ces merveilleux moments  loin de chez vous, très loin de nos habitudes.

Ola ! Ne ratez pas ce petit musée des traditions populaires dans le village d’Al Hamra, village figée dans le sable et la terre du pays.  Les femmes perpétuent  les gestes d’antan avec la ferveur et l’amour de leur pays et de ses habitudes ancestrales. Fabrication de crème de soins,  cuisine,  moudre le blé et l’orge, le café,  faire les vêtements, vivre et dormir. Elles nous ensorcellent  et ça y est, on y est….loin, dans le temps,  loin dans cet envoutant pays, dans les ruines de ce vieux village qui se confond avec la nature environnante.  On participe, on y croit. Quel moment intense.

Ah mais oui !! les dauphins ; par centaines…des troupeaux  dira Thomas (8ans). Ça nous a fait oublier  nos aléas aériens…ratage d’avion pour cause d’intempéries à Zurich,  revisite de la Suisse  (Geneve, Zurich, Geneve !) avant  d’attraper un vol pour Amman en Jordanie, puis  Mascatte avec  juste 6 heures de retard pour notre arrivée et donc pas de dodo, ni même de bagage pour se changer….nous retrouverons nos bagages le 3em jour,  enfin.
On a donc fait l’impasse du bain de mer durant 3 jours, malgré l’envie.
Dès notre arrivée,  après une douche rapide et remise des chaudes fringues  nécessaires dans notre Suisse,  c’est parti pour une virée en bateau à la recherche des dauphins.
Pour le coup, on est directement  dans l’ambiance : chaleur, mer, bateau, et les dauphins qui nous donnent un éblouissant spectacle.  Début de vacances prometteur.  Une sortie en mer dans le golfe d’Oman, le spectacle des dauphins sautant, dansant autour de notre embarcation, 2 heures durant : inoubliable !
Reste que nous n’avons pu visiter la grande mosquée, il nous faut donc imaginer  en nous promenant à l’extérieur et rêver y revenir un jour, ou dans une autre vie.
Il reste des quantités de choses à découvrir, des centaines de gens à rencontrer, des milliers de levers et de couchers de soleil …même si ma fille a eu la sensation de faire cette découverte chaque matin et chaque soir durant notre périple ;  Il reste que la vie ne doit pas s’arrêter  aux aléas désagréables mais ne retenir que le positif.

Je garde donc ce point positif qui nous a rendus heureux d’être au Sultanat d’Oman pour la fin :
Salim, notre guide : gentil, humain, compréhensif, instruit, voulant partager son amour pour son pays et ses traditions, et heureux d’être guide.  Sans lui, notre regard sur ce beau pays aurait perdu un peu de charme car les tarifs exorbitants  de ce séjour, ne correspondent pas du tout à la vie là-bas.
Il me semble qu’un seul tiers de la somme demandée aurait suffi.  Analyse faite en regard de mon instinct de voyageuse avertit autour du monde, des renseignements  glanés çà et là autour des salaires, des prix des loyers, des  prix de la vie (nourriture, habillement…). Mais il faut bien que les gens gagnent leur vie et le business reste le business ! A bon entendeur…
Salim a su nous narrer son pays, nous plonger dans ces traditions, nous nourrir d’anecdotes , nous rassurer, nous laisser gérer nous-même nos instants de libertés, bref, un remarquable guide.
Les quelques sous que nous lui avons donné en fin de semaine sont allés au magasin de vélo pour ses deux enfants. J’en garde un souvenir ému, lui aussi certainement.


Voilà un moment de partage qui est censé vous donnez l’envie de partir, dans ce chouette endroit du monde : petit, caché, intact.
Bien à vous,

Catherine, Adeline et Thomas
Janvier 2011