Le Mag - Népal

Trek de la Tsum Valley dans le district de Gorkha

Expérience de Voyage
 Pour mon huitième voyage au Népal j’ai décidé de trekker dans la vallée de Tsum, « vivant » en tibétain. Je ne suis pas allée au Népal depuis janvier 2014, entre temps il y a eu le tremblement de terre d’avril 2015. Le pays que je vais redécouvrir de fin décembre 2015 à fin janvier 2016 est ravagé, mais pas seulement par le tremblement de terre : par le blocus économique et politique entre l’Inde et la région népalaise frontalière du Teraï et par la corruption des gouvernants, dont la catastrophe a été en fait le révélateur.
Quand j’annonce à mes amis népalais de Katmandou que je vais explorer la Tsum Valley, ils ont un haut-le-corps : c’est une des zones les plus froides du pays car, creusée par la rivière Budhi Gandaki, elle est étroite et profonde malgré une altitude relativement modérée et, surtout, elle se situe dans le district de Gorkha, épicentre du phénomène. D’ailleurs obtenir l’autorisation d’y entrer s’avère très délicat.
Pour ces deux semaines de marche je serai accompagnée d’Ashok, le guide avec lequel j’ai fait le camp de base de l’Annapurna et le Lang-Tang, et par Modhi, qui connaît la région de Gorkha.

La première journée de marche nous fait pénétrer dans la vallée proprement dite jusqu’au hameau de Lapubesi, à 800 mètres d’altitude. J’ai hâte de gagner en altitude mais Modhi ne semble pas pressé du tout. Les traces du tremblement de terre sont chaque jour plus évidentes, plus prégnantes tandis que nous remontons le lit de la rivière par la rive gauche.
Le sentier à flanc de montagne a disparu sur plusieurs portions, emporté par les éboulis et les glissements de terrain. Les Népalais le reconstruisent mètre par mètre à l’aide de roches et de sable. En réalité le tremblement de terre n’est pas seul en cause : la déforestation a mis à nu les pentes de la montagne et avec la forte déclivité les pluies emportent tout. Contrairement à la région de l’Everest, le Solu Khumbu, au Lang-Tang et à la région de l’Annapurna, ici les paysans sont trop pauvres pour se passer des apports fournis par la forêt : reconstruire les maisons et cuisiner. La préoccupation écologique n’a pas encore pénétré dans la Tsum Valley.

Les Népalais, hommes et femmes, sont au travail dès le lever du soleil : transporter les charges, remplir des sacs de sable au bord de la rivière et les remonter à dos de mule, transporter vêtements, couvertures et plaques de tôle (donnés par le gouvernement) à dos d’homme jusqu’à leurs villages, débiter les grumes en planches, tailler les pierres à la main. De mes nombreux voyages de par le monde je n’ai jamais vu aucun peuple aussi digne, aussi courageux que le peuple népalais, et durant ce trek mon admiration et mon respect pour lui ne cesseront de croître.
Nous arrivons à Jagat, où se trouve le check-point militaire. Je ne peux pas aller plus loin sans permis. Nous passons deux nuits dans ce village tout en pierre sombre, le temps qu’un autre guide, qui va faire le tour du Manaslu avec un client suédois, nous rejoigne avec le précieux permis, le TIMS. Mon visage sur la photo est barbouillé pour cacher que je suis occidentale.
Le lendemain nous parvenons devant un grand panneau : à gauche le sentier du Manaslu trek, à droite le sentier de Tsum.
Le paysage se fait de plus encaissé, la vallée étroite avec en fond trois sommets enneigés, magnifiques : le Manaslu (8 160 mètres), le Shringi Himal (7 160 mètres), le Ganesh Himal (7 110 mètres).
Les animaux sauvages sont nombreux car dans cette région bouddhiste tuer un animal est strictement interdit.

Mon 31 décembre 2015 est inoubliable. Nous arrivons dans l’après-midi à Lokpa, à 1 800 mètres d’altitude. Le hameau ne comporte que trois maisons. L’une est abandonnée maintenant ; sous l’auvent est accrochée une vingtaine de casques jaunes, ceux des équipes de sauveteurs qui sont intervenus sur le terrain en avril. L’autre maison est occupée par une femme et ses deux filles, en costume traditionnel avec le fichu newar rouge. Elles tiennent une petite boutique et le lodge, le troisième bâtiment. Le père est à Katmandou pour le travail.
Un groupe de villageois, hommes et enfants, arrive et s’arrête : très lourdement chargés, ils ne peuvent regagner leur village, à trois heures de marche, avant la nuit.
Le réveillon, je le passe dans la petite dining-room de bois avec mes deux guides et les 14 Népalais. Nous mangeons le plat national, le dal-bhat, préparé par les femmes. J’écoute leur conversation. Elle tourne obsessionnellement autour des problèmes de déplacement dans la montagne : quelles portions de sentiers sont dangereuses, où y a-t-il des éboulis, des chutes de pierres, la neige menace-t-elle ? On va tous se coucher à 20 heures - il fait nuit, il fait froid, et nous avons tous une longue marche le lendemain.
Ce soir-là je goûte particulièrement le calme des Népalais, le silence de la nature, l’isolement de la vallée.
Les villages, les jours suivants, deviennent plus petits, deux maisons, parfois une seule, et souvent il ne subsiste qu’une façade de pierre, le reste, effondré, est remplacé par une bâche tendue tant bien que mal pour abriter la famille. Les étapes se révèlent certains jours beaucoup plus longues que prévu, parce que le village où nous devions nous arrêter n’existe plus, tel Domje à 2 460 mètres d’altitude, et sur l’autre rive Ripchet, à 2 470 mètres d’altitude. Par trois fois nous devons traverser des zones de chutes de pierres : il n’y a rien d’autre à faire que guetter un instant propice, resserrer les bretelles du sac à dos et se mettre à courir en comptant sur la chance.....

Enfin nous parvenons aux deux derniers villages, Chule et Nyile, à 3 360 mètres d’altitude. Les paysans, tout à leurs occupations de survie quotidienne : les champs, et, surtout, les gros troupeaux de yaks, ne montrent guère d’intérêt à notre égard. Modhi va de maison en maison pour chercher un hébergement. Finalement, une femme accepte de nous louer des chambres et de nous faire à manger. Elle a déjà beaucoup de travail avec son bébé et ses 40 yaks. Son mari convoie des mules, plus bas dans la vallée. Dans ces villages il n’y a pas d’eau car le liquide gèle à cause du froid et parce que les tuyaux d’adduction ont été détruits par le tremblement de terre. En revanche la plupart des maisons ont l’électricité grâce à de petits panneaux solaires portables de fabrication chinoise qui aliment une grosse ampoule; ils sont achetés et donnés par le gouvernement népalais.
Dans l’après-midi, je vois des villageois rassemblés autour d’une table sur laquelle circule de l’argent. Ils semblent très excités. Je suppose qu’ils jouent mais Modhi m’explique qu’il s’agit de la distribution des sommes allouées par l’Etat, soit famille par famille -l’équivalent de 2000 euros- soit globalement par village -l’équivalent de 10000 euros.

Dès que le soleil se couche, vers 18 heures, la température devient glaciale. Il fait 1 degré au dessus de zéro dans ma chambre. Demain nous toucherons au but : la dernière étape sera le monastère de Mu Gompa, à 3 700 mètres d’altitude ; fondée en 1895, restaurée en 1998, c’est la gompa la plus au nord de la vallée. Elle constitue un important et réputé centre de méditation.
 Nous avons mis 8 jours à monter, nous en mettrons 5 à descendre.





Proposé par : Myriam Kissel pour LVA

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